Comment la journée de travail empiète de plus en plus sur la vie personnelle en Europe

3 août 2026 | Actualités

Pour des millions de salariés européens, les courriels, les appels et les notifications professionnelles empiètent progressivement sur le temps personnel et sur les périodes normalement consacrées au repos.

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Une culture du « toujours connecté »

Selon une étude d’Eurofound, environ un salarié sur cinq dans l’Union européenne indique être contacté pour des raisons professionnelles en dehors de ses horaires habituels à plusieurs reprises chaque mois.

Cette situation entretient une culture de la disponibilité permanente, dans laquelle les salariés peuvent avoir le sentiment qu’ils doivent rester joignables, même lorsque leur journée de travail est terminée.

Le phénomène est également observé au Royaume-Uni. Selon le rapport Always-On Workforce Report 2026, plus de la moitié des salariés britanniques dépasseraient quotidiennement leurs horaires habituels.

1 salarié sur 5 dans l’Union européenne est régulièrement sollicité en dehors de ses horaires de travail.
Plus de 50 % des salariés britanniques dépasseraient leurs horaires habituels chaque jour.
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Les sollicitations hors horaires augmentent le stress

Près de 59 % des travailleurs européens interrogés par Eurofound déclarent ressentir toujours ou presque toujours du stress au travail.

L’étude établit un lien entre la fréquence des sollicitations en dehors des horaires habituels et l’augmentation du niveau de stress.

59 % des travailleurs européens déclarent ressentir toujours ou presque toujours du stress au travail.

À l’inverse, seuls 17 % des salariés qui ne sont jamais contactés en dehors de leurs horaires disent ressentir du stress.

17 % des salariés qui ne sont jamais sollicités en dehors de leur temps de travail déclarent se sentir stressés.

Des millions d’heures supplémentaires non rémunérées

Au Royaume-Uni, une analyse du Trades Union Congress estime qu’environ 3,5 millions de salariés, soit près d’un travailleur sur huit, ont effectué régulièrement des heures supplémentaires non rémunérées au cours de l’année précédente.

La valeur de ce travail non rémunéré serait estimée à environ 28,5 milliards de livres, soit plus de 33 milliards d’euros.

Au-delà de la question de la rémunération, cette extension invisible du temps de travail affecte aussi la santé mentale, le repos et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Le télétravail rend la déconnexion plus difficile

Les charges de travail importantes figurent parmi les principales causes des sollicitations professionnelles en dehors des horaires.

Les télétravailleurs rencontrent davantage de difficultés à fixer des limites claires. Le domicile devient aussi un lieu de travail et les outils professionnels restent facilement accessibles sur l’ordinateur ou le téléphone personnel.

64 % des salariés bénéficiant d’horaires flexibles sont contactés hors horaires au moins occasionnellement.
49 % des salariés ayant des horaires standards déclarent connaître la même situation.
63 % des télétravailleurs sont contactés en dehors de leurs horaires au moins occasionnellement.
48 % des salariés travaillant uniquement dans les locaux de leur employeur sont sollicités hors horaires.

Le droit à la déconnexion : des protections inégales en Europe

Plusieurs pays européens, dont la France, ont adopté des mesures légales, des accords collectifs ou des règles internes destinés à limiter les sollicitations en dehors des horaires et à garantir le droit au repos.

Ces dispositifs restent cependant très différents selon les pays et selon la taille des entreprises.

Leur application peut également être compliquée par le travail hybride, les équipes internationales, les fuseaux horaires, les horaires flexibles et les habitudes internes de certaines organisations.

Les cadres et les salariés disposant d’une grande autonomie sont particulièrement concernés : il peut devenir difficile de déterminer précisément quand leur disponibilité professionnelle doit s’arrêter.

À retenir La déconnexion ne repose pas uniquement sur la responsabilité individuelle du salarié. L’entreprise doit fixer des règles claires, adapter la charge de travail et veiller à ce que les temps de repos soient réellement respectés.
Être joignable en permanence ne doit pas devenir une preuve d’engagement professionnel. Le respect des temps de repos et du droit à la déconnexion constitue un enjeu essentiel de santé au travail.

Source : Euronews, article publié le 3 août 2026