Violences sexistes au travail : ce que la loi va changer pour les RH

27 août 2026 | Actualités

Une proposition de loi déposée le 11 août 2026 veut renforcer la prévention et la prise en charge des violences sexistes et sexuelles dans le monde du travail. Elle prévoit de nouvelles obligations pour les entreprises en matière de prévention, de signalement, d’enquête et d’accompagnement des victimes.


Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale. Il ne s’agit donc pas encore de nouvelles obligations applicables, mais plusieurs mesures concernent directement les employeurs, les services RH et les représentants du personnel.

La proposition de loi s’appuie sur 140 recommandations issues de travaux menés avec des associations, des syndicats et des chercheurs.

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Pourquoi toutes les entreprises sont concernées

Les violences sexistes et sexuelles ne s’arrêtent pas aux portes de l’entreprise. Selon les données citées dans l’exposé des motifs de la proposition de loi, 62 % des personnes qui déposent plainte pour violences conjugales sont salariées.

Une enquête Ifop de 2019 indiquait également qu’une femme sur trois avait déjà été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail.

62 % des personnes déposant plainte pour violences conjugales sont salariées, selon les données citées par les auteurs du texte.
1 femme sur 3 aurait déjà été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail, selon l’enquête Ifop citée.
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Prévention : négociation, DUERP et information des salariés

La proposition de loi prévoit d’intégrer davantage la prévention des violences sexistes et sexuelles dans la négociation collective, au niveau des branches comme des entreprises.

Elle prévoit également d’intégrer explicitement ces risques dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, le DUERP.

Une information de l’ensemble des salariés sur les définitions, les facteurs de risque et les dispositifs existants serait également prévue.

Référent harcèlement sexuel Le texte prévoit d’abaisser le seuil à partir duquel un référent devrait être désigné par l’entreprise. Cette obligation concernerait également les entreprises comptant de 50 à 250 salariés. Une formation continue du référent financée par l’employeur serait aussi prévue.

Une enquête interne après un signalement

Le texte veut aussi renforcer le traitement des signalements de violences sexistes et sexuelles.

Dès réception d’un signalement, l’employeur devrait le conserver et engager sans délai une enquête interne, avec l’accord de la victime.

Une pénalité financière est prévue en cas de manquement à cette obligation. Un salarié estimant l’enquête insuffisante pourrait également saisir l’inspection du travail.

Un congé dédié pour les victimes

La proposition de loi prévoit la création d’un congé ou d’une autorisation d’absence rémunérée permettant aux victimes d’effectuer certaines démarches.

Il pourrait couvrir des démarches judiciaires, médicales, psychologiques, administratives ou sociales.

Ce dispositif concernerait également des violences subies en dehors du cadre professionnel. La durée et les modalités devraient être précisées par la négociation collective.

Ce qui existe déjà aujourd’hui

Certaines obligations existent déjà. Depuis 2019, les entreprises de plus de 250 salariés doivent notamment désigner un référent en matière de harcèlement sexuel et d’agissements sexistes.

La jurisprudence a également évolué : en mai 2026, la Cour de cassation a reconnu la notion de harcèlement sexuel d’ambiance.

Un employeur peut donc voir sa responsabilité engagée lorsqu’un climat de propos ou comportements à connotation sexuelle est toléré, y compris envers des salariés qui n’en sont pas directement la cible.

Ce que les entreprises peuvent déjà anticiper Sans attendre l’adoption définitive du texte, les entreprises peuvent vérifier que le DUERP prend bien en compte les risques de violences sexistes et sexuelles, former les référents, revoir les procédures de signalement et ouvrir le dialogue social sur l’accompagnement des victimes.
À retenir Cette proposition de loi n’est pas encore définitivement adoptée. Si elle l’est, elle renforcera considérablement les obligations des entreprises en matière de prévention, de traitement des signalements, de formation et d’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles.
La prévention des violences sexistes et sexuelles relève pleinement de la santé et de la sécurité au travail. Informer, prévenir, écouter et accompagner les salariés doivent rester des priorités, indépendamment de l’évolution du texte.

Source : Helloworkplace – Maïté Hellio – 19 août 2026