PROMAN : Intérim : le groupe français Proman intègre le Top 10 mondial du travail temporaire

5 mars 2026 | Actualités

L’entreprise née il y a trente-cinq ans dans les Alpes-de-Haute-Provence s’approche des 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il est le seul groupe indépendant de cette taille dans le secteur.
Le groupe Proman revendique un taux de fidélisation de ses salariés plus élevé que la moyenne dans le secteur de l’intérim. (Photo Proman)
Par Paul Molga
Publié le 2 mars 2026 à 14:38
Cocorico ! le groupe provençal de travail temporaire Proman est le premier acteur français du secteur à entrer dans le Top 10 des plus grandes entreprises de recrutement, selon le classement établi par le cabinet Staffing Industry Analysts (SIA).
Il arrive en dixième position avec un chiffre d’affaires 4,6 milliards d’euros en 2025 (4,8 milliards de dollars au moment de l’enquête), mais premier en croissance avec une hausse de 4,55 % (après +7 % en 2024) sur un marché en recul de 6 %. Trois autres européens confirment leur position dans le classement : le leader mondial d’origine néerlandaise Randstad (23 milliards de dollars), suivi de près par le groupe suisse Adecco (22 milliards) et le britannique Hays (8,7 milliards), numéro six.
Culture d’entreprise
Parti de l’ouverture d’une petite agence de travail temporaire à Manosque, une ville des Alpes-de-Haute-Provence qui comptait alors plus d’agriculteurs que de cadres, le groupe Proman s’est imposé dans le secteur en restant fidèle à un ADN terrien érigé en règle de management : « ne pas dépendre d’une activité (il couvre tous les secteurs de l’industrie et du tertiaire), ne pas dépendre d’un seul client (le plus important de ses 30.000 clients fournit 3 % du chiffre d’affaires) et traiter les intérimaires (plus de 100.000 missions actuellement) avec loyauté, respect et reconnaissance », égrène Roland Gomez, président du groupe créé par son père il y a trente-cinq ans.
Cette culture d’entreprise semble plaire : soudés autour des valeurs familiales (l’épouse et le deuxième fils du patron travaillent également dans l’entreprise), les effectifs enregistrent un turnover parmi les plus faibles de la profession tandis que la moitié des intérimaires qualifiés se disent fidèles à leur agence. « Certains travaillent avec nous depuis nos origines », se félicite le patron.
Ce fil rouge a également convaincu une quarantaine d’entreprises de rejoindre le groupe depuis le début de son offensive à l’international en 2013 : Heads, Onestaff, Paramount Staffing, PeopleShare, TalentForce, Lem, AàZ Emplois, Timing… Son activité à l’étranger, dans 18 pays et 3 continents, représente aujourd’hui la moitié de son chiffre d’affaires et le groupe a encore sous le pied un trésor de guerre de plusieurs dizaines de millions d’euros assorti d’un faible endettement pour procéder à de nouvelles acquisitions. « Ces rachats contribuent à la moitié de notre croissance », explique Roland Gomez.
Pôle d’innovation
L’autre moitié provient de son adaptation à la demande, en particulier en termes de technologies. Avec l’acquisition d’Iziwork en 2023, un pionnier du recrutement assisté par IA, le groupe a constitué un pôle innovation de 150 personnes qui développent des solutions logicielles maison pour améliorer la productivité du recrutement.
« Avec ces outils, nous sommes en mesure de répondre aux demandes en moins de 2 heures avec un taux de réussite noté 9,8/10 », assure le patron. Son groupe franchira cette année les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires à travers 1.278 agences (dont 400 en France) qui emploient 6.500 collaborateurs. Son plan Cap 2030 vise le double.

source : lesechos